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Printemps 2011, le dîner annuel de la SADESA (Société des Architectes DESA), sous l’objectif de Jacques POCHOY, que nous remercions tout particulièrement, pour cette contribution et son regard de photographe :

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Les contributions photographiques de Jacques POCHOY (architecte DPLG, enseignant à l’Ecole Spéciale d’Architecture) au groupe de la SADESA sur Flickr.

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Retrouvez la galerie « ArchiVue » de Jacques POCHOY sur Flickr.

Une exposition sur Charles Léon Stephen SAUVESTRE (DESA 1868) : un architecte oublié de la Tour Eiffel, organisée par la SADESA en décembre 2006, à l’Ecole Spéciale d’Architecture. Responsable d’exposition : Nicolas LETSCHERT.

AVANT PROPOS

Charles Léon Stephen SAUVESTRE, architecte DESA 1868 est tombé en désuétude malgré sa contribution efficace à l’élaboration de la Tour Eiffel. Afin de réparer cette injustice Greet PAULISSEN s’est décidée à entreprendre des recherches dont nous avons traduit quelques passages. Son ancien professeur a rencontré, au début des années 1970, un pilote américain du nom de Ralph CULPEPPER qui entreprit des recherches concernant l’architecture de la fin du XIXéme siècle. Il aurait été convaincu de l’influence de S. SAUVESTRE sur le début de l’Art-Nouveau. G. PAULISSEN explique comment elle a pu, via, documents, articles de journaux de l’époque et bibliothèque, obtenir les sources. Elle se rendit compte de l’aspect très varié de l’œuvre de l’architecte : des habitations bourgeoises Néo-Louis XIII, Néo-Gothique, des maisons de villégiature d’inspiration Normande, des villas proche du style « Stick » américain ou du style anglais « Queen Anne » et des pavillons éphémères d’inspiration Exotique. S. SAUVESTRE a aussi participé à la réalisation de plusieurs constructions industrielles, constructions en métal avec G. EIFFEL notamment (la Tour Eiffel, le Pavillon du Gaz pour l’Exposition Universelle de 1878) ou en béton avec A. CONSIDÈRE (l’usine Menier et un pont sur la Marne à Noisiel).

La pensée architectonique de cette époque (1870-1890) durant laquelle l’impressionnisme n’est pas encore développé, se trouve être à la lisière entre l’éclectisme et la naissance de l’Art Nouveau. C’est dans cette optique que G. PAULISSEN va développer son travail.

ENVIRONNEMENT IDEOLOGIQUE

L’enseignement de l’Ecole des Beaux-Arts était ouvert à tous les candidats âgés de 15 à 30 ans ayant passé un examen d’entrée comprenant : science, géométrie, dessin et travail architectonique. En pratique, la formation se faisait en deux à quatre ans. Malgré un programme théorique assez chargé, qui n’était toutefois pas obligatoire, les élèves ne recevaient, pour ainsi dire, que très peu d’enseignement pratique. Celui-ci se faisait à l’extérieur de l’école (stages en bureau d’architecture). La plupart, faute de trouver un « parrain », se réunissaient en groupe formant atelier, chapeauté par un architecte choisi. Dans les ateliers, les élèves réalisaient des projets et maquettes pour les concours. Le plus prestigieux était le Prix de Rome organisé par l’Académie des Beaux-Arts. Le Lauréat était envoyé au frais de l’Etat à l’Académie Française à Rome, pour une durée de 4 à 5 ans durant laquelle il étudiait l’architecture Antique. Un élève par année académique arrivait à décrocher ce prix, les autres quittaient l’école pour se lancer dans la pratique. L’enseignement donné à l’Ecole des Beaux-Arts pouvait paraître très libéral. Tout au contraire, les professeurs qui constituaient le Jury étaient imprégnés d’une idéologie qui à partir de la révolution de 1839 fut influencée par « Quatremère de Quincy ». À partir de 1816, il était considéré comme « secrétaire perpétuel » de l’Académie des Beaux-Arts. Ce despotisme, cette exclusivité ne pouvait rester sans réaction surtout à l’époque où le romantisme triomphait. Les premières critiques fusèrent, tout d’abord des pensionnaires de la Villa Medici à Rome. Ils critiquaient le dogmatisme pur. Ils prenaient position comme suit :

« Au lieu de s’en tenir, conformément à l’usage, à de simples relevés de mesure et à des dessins reproduisant correctement la tenue et la facture qu’ils avaient jadis copiés chez leurs maîtres, ils se mirent à observer les effets et à en rechercher les causes, à comparer les édifices entre eux, à en relever de nouveaux, à discerner les valeurs, les tonalités, les éléments constitutifs de la forme, les jeux de leurs relations, les lois mécaniques de leurs réalisations. Le Romantisme de l’architecture naissait au sein même de notre Ecole Académique. Les DUBAN, DUC, VAUDOYER, LABROUSTE surtout, allaient livrer bataille au classicisme officiel et le forcer à capituler. » E. TRÉLAT, L’Architecture Contemporaine.

L’école fut fondée en 1865 par Emile TRELAT, ingénieur de formation mais architecte de profession. E. TRELAT suivit de très près l’évènement de l’Ecole des Beaux-Arts et soutint E. VIOLLET-LE-DUC lors de ses rénovations du système. C’est lui qui prit l’initiative de créer une nouvelle formation architectonique selon l’exemple de « l’Ecole Centrale des Arts et des Manufactures ». L’école devait être orientée vers le développement industriel de l’époque. Afin d’assurer l’indépendance complète de l’école, celle-ci fut

L’ÉCOLE CENTRALE D’ARCHITECTURE

constituée sur la base d’une société anonyme. Sur les 140 administrateurs, 12 furent architectes, le reste était constitué d’ingénieurs et d’industriels, ce qui suscita de vives critiques. Pour E. TRELAT, l’architecte va plus loin que l’ingénieur, l’architecte est un artiste, l’ingénieur ne se préoccupe que des exigences pratiques. La formation dure 3 ans, les élèves doivent être présents 8 heures par jour avec une heure de théorie par jour, le reste étant des leçons de dessin et d’atelier. La différence fondamentale entre l’Ecole Centrale d’Architecture et l’Académie des Beaux-Arts se fait sentir par l’approche plus universelle et contemporaine de l’architecture et de son histoire alors que les Beaux-Arts restent fidèles au classicisme. Bien que conscient du manque de connaissances pratique dans son enseignement, Emile TRELAT était convaincu que les futurs architectes avec un bagage académique conséquent et une ouverture toujours maintenue allaient bien rapidement combler leurs lacunes. C’est en 1868 que Stephen SAUVESTRE achèvera ses études à l’ECA. Peu d’informations sur les autres architectes ayant terminé leurs études avec S. SAUVESTRE ont été trouvés. L’école a toujours voulu rester contemporaine de l’époque et les élèves devaient rester au courant de l’actualité tant qu point de vue technique qu’artistique. En 1869, l’école instaura des leçons sur l’utilisation du métal et en 1913, ils conçurent une chaise de professeur en béton armé. En 1887, 1888, l’école créa un certificat « d’Architecte de Salubrité, Architecte Hygiéniste ». Les projets proposés aux élèves de l’Ecole Centrale d’Architecture étaient souvent d’utilité publique comme des hôpitaux, écoles, et habitations sociales.

LE PASSÉ PERSONNEL DE SAUVESTRE

Charles Léon Stephen SAUVESTRE naquit le 26 décembre 1847 à Bonnétable, Sarthe, fils de Nicéphore Charles SAUVESTRE et Claire CLAIRIAN. Son père (1818 – 1883), fils d’ouvrier, travailla très tôt dans une imprimerie jusqu’à ses 18 ans. En 1848, il est licencié à cause de ses idées trop républicaines. Il débuta une carrière de journaliste en tant que rédacteur auprès du Courrier de Loir et Cher pour lequel il écrivit plusieurs articles. En 1848, la famille déménage pour Paris, là il travailla pour Démocratie Pacifique et devint un journaliste engagé fortement pro socialiste, phalangiste mouvement crée par Charles FOURIER. À partir de 1857, il devint chef de la rédaction de la Revue Moderne, un mensuel qu’il mit sur pied avec l’aide de Jules CASTAGNARY et Antoine MERAY, anciens journalistes de la Démocratie Pacifique, le Journal ne dura que jusqu’en février 1858. Ce mensuel était d’inspiration Charles FOURIER. En 1858, il travailla pour La Presse et en 1859, il travailla pour la rédaction de l’Opinion Nationale, journal érigé par un certain Adolphe GUÉROULT, un ancien Saint-Simonien avec une sympathie toute particulière pour le Second Empire. Le journal ne fut pas le plus populaire, la majorité restait très conservatrice. Les lecteurs de l’Opinion Nationale étaient plutôt issus d’une classe moyenne libérale. Charles Nicéphore SAUVESTRE peut être compté comme un défenseur de la démocratie, pour lui liberté était synonyme d’égalité, ordre et fraternité. Le libéralisme ne pouvait rester un privilège d’une élite capitaliste, mais devait être démocratisé. L’enseignement devait être reconsidéré, tout d’abord selon lui fallait-il rendre l’enseignement obligatoire. Il devait être au service du libre épanouissement de l’individu, « les désirs » de chaque enfant devaient être pris en considération. L’enseignement devait petit à petit se détacher des normes classiques du passé pour se diriger vers le futur. Nicéphore SAUVESTRE fut également connu comme un anticlérical. Il quitta l’Opinion Nationale le 5 mai 1873 pour se consacrer à un journal : « l’Enseignement Laïque » qu’il créa. En 1881, il devint aide bibliothécaire au Musée Pédagogique. Clarisse SAUVESTRE, mère de Stephen à sous son nom quelques publications. Vu les opinions très démocratiques de son père, il n’est pas étonnant que Stephen SAUVESTRE ne soit pas entré à l’Ecole des Beaux-Arts. Son père connaissait quelques fondateurs de l’Ecole Centrale d’Architecture. Ce n’est peut-être pas par hasard que Nicéphore SAUVESTRE mentionne dans un article les années1858 et 1860 quelques-uns des fondateurs de l’Ecole. Il publia un article d’Emile TRELAT et d’Émile de GIRARDIN pour lequel il ne partage pas toutes les idées. Émile de GIRARDIN fonda « La Presse ». Nicéphore SAUVESTRE commenta de nombreux articles de Michel CHEVALIER qu’il appelait « ce Noble Économiste ». Il n’est pas non plus étonnant de voir son fils Stephen choisir une école proposant un enseignement peu conventionnel qui de plus fut fondé par des sympathisants de Charles FOURIER et de Claude Henri de ROUVROY, comte de SAINT-SIMON.

SA FORMATION

Avant de s’inscrire à l’Ecole Centrale d’Architecture, Stephen SAUVESTRE suit des leçons à l’Ecole Professionnelle d’Ivry. Cette école fut fondée en 1852 par Pierre Philibert POMPÉE qui fut d’ailleurs présent à l’ouverture de l’ECA en 1865 et 1866. Selon Guy SAMOUN, S. SAUVESTRE fut le second étudiant qui se présenta aux examens d’entrée pour lesquels il reçut de bonnes notes.

Carnet de note de l'Ecole Centrale d'Architecture

Dans le registre de l’école, il apparaît sous son nom comme observation : « paraît intelligent ». La même source fait état d’une demi-heure qui lui aurait été allouée. De sa réelle formation, l’auteur n’a obtenu que très peu de traces. Ses résultats à l’ECA, les quelques publications de géométrie qu’il a dû faire lors de ses études. Le seul document original que l’école possède encore de S. SAUVESTRE, c’est le registre de l’école dans laquelle les résultats de l’élève ont été conservés. Les dessins en revanche n’ont pas été conservés par l’école. S. SAUVESTRE choisit l’atelier de Charles Jules SIMONET, un ancien élève de LABROUSTE à l’Ecole des Beaux-Arts. Pour sa première année, S. SAUVESTRE dû développer neuf sujets différents : Une fontaine lavabo, un indicateur de route, une cheminée d’appartement, une porte d’entrée dans une propriété close de murs, une terrasse au bord d’un lac, un abri banal sur une route, un puit, une buvette auprès d’une station thermale, un tir à la carabine. En plus de cela, il fit des exercices de copie de bâtiments de Philae, Louqsor, Pompeï, temples doriques, etc. Il sera le quatrième de sa classe à la fin de la première année. Pour sa deuxième année, il dut réaliser un projet de sémaphore, un phare, une maison communale, un atelier, une conciergerie, une habitation, un hall de marché, un musée. S. SAUVESTRE conclut sa deuxième année avec une mention Très Bien. Le Prix Mathilde lui fut décerné, prix accordé aux meilleurs élèves. Pour sa troisième année, il y eut au programme une église anglicane, une salle de billard, une salle à manger (détails) et un monument. Pour l’obtention de leur diplôme, ils réalisèrent un hôpital, et une étude libre (la plupart reprirent des monuments déjà existants). Il fut le troisième de sa classe sur neuf élèves. Le Prix Morel lui fut attribué pour ses travaux de vacances, il lui fut remis par le Prince Napoléon en personne qui fit l’éloge de l’école : « Cette institution est moins une école ayant sa doctrine qu’un centre où peut librement grandir l’individualité de l’élève. » À peine diplômés, Stephen SAUVESTRE et Charles Albert GAUTIER, un de ses condisciples, furent décorés de la médaille d’argent au Salon des Artistes Vivants de 1869 pour leur étude de « la merveille sur le Mont-Saint-Michel » étude faite lors de leurs travaux de vacances. La Revue Générale d’Architecture encouragea leur initiative, mais jugea cependant « l’étude de ces jeunes gens loin d’être irréprochable ». Le Moniteur des Architectes critiqua explicitement l’ECA dans son allocution : « Cette malencontreuse concurrence que l’on essaye d’opposer à l’École des Beaux-Arts. » L’auteur de cet article, Franck CARLOWICZ trouva les dessins très valables au niveau de la construction , mais l’image globale du bâtiment présentait quelques lacunes. Ce même Franck CARLOWICZ jugea impératif de souligner les lacunes de l’enseignement de l’école TRÉLAT : « Ce sont de vrais dessins d’ingénieurs qui veulent faire du pittoresque. Malgré toutes ces critiques, le Moniteur des Architectes publia à plusieurs reprises des relevés de Stephen SAUVESTRE, faits vraisemblablement durant ses études. Les relevés de bâtiments appartiennent à différentes périodes de l’histoire de l’architecture : gothique, XVIème siècle ainsi qu’une étude de son professeur Charles Jules SIMONET. Stephen SAUVESTRE demeura fidèle toute sa vie aux salons tant en qualité d’architecte qu’en qualité d’aquarelliste. En 1879 S. SAUVESTRE exposa une aquarelle illustrant Porto, d’autres aquarellistes se trouvaient parmi lui, déjà considérés comme réputés, ce qui était un atout pour sa réputation. On le retrouve même cité en tant qu’aquarelliste dans certains dictionnaires d’artistes.

VIE PROFESSIONNELLE

En 1868 il termina ses études, année qui sera suivie par l’occupation de Paris et l’arrivée de la Commune. En 1869, âgé de 22 ans, il sera inspecteur pour la reconstruction du théâtre de Brest. En 1871, il entreprit son premier bâtiment industriel à Cercamp. Paris connaîtra durant cette période une récession dans le bâtiment malgré le besoin urgent de reconstruire après les destructions de 1870-1871. On tente bien d’encourager la reprise en lançant des mesures d’allègement des impôts sur les nouvelles constructions. La situation se stabilisera en 1875 et en 1878 croissance repart. C’est précisément à cette époque que S. SAUVESTRE réalisa ses premiers projets d’hôtels particuliers : l’hôtel SEYRIG à l’angle de la rue Wagram et de la rue Brémontier (actuelle rue Alphonse de Neuville) en 1876, l’Hôtel MATHIEU rue Laugier en 1877 et d’autres en 1878. La plupart de ses premières réalisations se situaient sur la Plaine Monceau qui en 1860 fut annexée à Paris. Contrairement aux autres communes annexées, la Plaine Monceau était encore en 1860 considéré comme zone rurale. Haussmann y traça quelques boulevards sur des terrains que leur avaient offerts messieurs PÉREIRE, DEGUINGAND, de CHAZELLES, JADIN et d’OFFREMONT. Ces terrains qui jadis ne valaient pas grand-chose furent divisés par la suite en parcelles et vendus comme terrains à construire. Ces grands boulevards furent bordés d’appartements « Haussmanniens » dans les rues adjacentes on pouvait voir des hôtels particuliers de styles variés. Les PEREIRES stipulèrent dans l’acte de vente des terrains à M. REGNARD de CHEZEL et à Stephen SAUVESTRE que sur les terrains vendus devaient s’ériger des maisons d’habitations bourgeoises. Ces habitations familiales rendaient le quartier unique en son genre, de style très varié : néo-gothique, néo-renaissance, néo-Henri IV, néo-Louis XIII. Contrairement aux immeubles appartements « Haussmanniens », tous uniformes gris, ces maisons familiales sont riches en couleurs grâce à une judicieuse combinaison de pierres classiques et de briques, de terres cuites et de faïences. Cette combinaison de briques et de pierres naturelles aux coins et aux encadrements de fenêtres date du XVIe siècle, style Henri VI et Louis XII. L’exemple le plus connu datant de cette époque est celui de la Place des Vosges (1604-1612). Ce style coloré va tomber en désuétude dans les années 1660 pour ne réapparaître qu’au XVIIIe siècle dans des constructions de campagne. Quant à l’utilisation de la brique, elle apparaîtra combinée également avec le fer dans les constructions industrielles : Les Halles de Paris (1854-1857 et 1860-1866), le Moulin à Eau de l’Usine de Chocolat de Menier à Noisiel (1871-1872) et quelques pavillons de l’exposition universelle de 1878 notamment celui de la Compagnie Parisienne de Gaz réalisé par S.SAUVESTRE. L’exposition universelle est marquée par le grand retour de la brique et de la terre cuite. Henri LABROUSTE utilisa la technique briques-pierres le premier (1856-1858), il fut suivi de E. VIOLLET-LE-DUC pour la réalisation du château de M. SABATIER à Pierrefonds, Oise. Bernard MARREY disait : « Ce goût était alors exceptionnel ; il ne commencera à se répandre qu’un bon quart de siècle plus tard ».

S. SAUVESTRE se passionnera pour cette technique et l’utilisera du début jusqu’à la fin de sa carrière. Cependant il ne cessera de la redéfinir, utilisant d’autres matériaux comme la terre cuite, la céramique qu’il disposera dans des variations les plus diverses.

LES PREMIERS PROJETS

Hôtel SEYRIG 1876
147 avenue Wagram / 2 rue Alphonse de Neuville, Paris
« Une construction en brique et pierre, à l’allure Moyen-Âge, mais modernisée par plusieurs détails qui ne rompent en rien l’harmonie générale, notamment les linteaux en fer apparent, des fenêtres. » La Semaine des Constructeurs 1884

Hôtel du Docteur LECAUDEY 1878
116 boulevard Malesherbes / 75 rue Cardinet
« On peut dire à M. SEYRIG, ou à M. LECAUDEY, qu’on n’admire pas les maisons que leur a construites M. SAUVSETRE. » Lucien ETIENNE dans la Gazette des Beaux-Arts 1879 « Les deux hôtels construits sur des terrains irréguliers, par M. SAUVESTRE, dans un style très moderne, très mouvementé, auquel l’emploie des matériaux variés, comme le fer, la brique et la pierre, donnent un caractère original ; ses façades manquent néanmoins de calme indispensable à des constructions de cette nature, élevées dans les rues d’une grande ville où le pittoresque n’est pas forcément nécessaire » Revue Générale d’Architecture 1879 « Une recherche ingénieuse du confortable moderne » Le Moniteur d’Architecture 1879 « Comme on le voit, l’architecte Stephen SAUVESTRE, a réussi à donner à la façade de l’hôtel LECAUDEY du mouvement et de la couleur, tout en restant dans les bornes d’un bon goût élégant. Tout ce qu’il faut pour être bien logé » La Semaine des Constructeurs 1879

Hôtel du Docteur LECAUDEY - 1878

Hôtel SEYRIG 1881
4 rue Alphonse Neuville, Paris
« De tous les différents styles de l’architecture ogivale, celui que l’on nomme le style flamboyant, qui est particulier au XVe siècle, est bien le seul qui convienne à nos constructions civiles modernes, quand on veut leur donner un cachet gothique quelconque. Les maisons du XIIIe siècle, assez rares du reste, ont, je ne sais quoi de monastique et de froid, qui ne répond en rien à la gaieté de notre tempérament. Au XIVe siècle, on bâtit peu en France. Les hôtels de style flamboyants sont très nombreux. S’il est un genre qui convienne bien au goût de notre temps, c’est bien celui-là ; aussi ne faut-il pas s’étonner de le voir redevenir à la mode de nos jours. » La Semaine des Constructeurs 1891 « Tout fait de ce logis, discret et luxueux à la fois, une œuvre personnelle et originale dont nous ne saurions trop recommander l’étude à nos lecteurs » La Semaine des Constructeurs 1891 « Victime de la vague de démolition qui suivit sans pitié sur ces maisons intéressantes par leur architecture et par la société qu’ils représentaient » S. Granbonlan-Féral 1981

Hôtel SAUVESTRE ? 1881
6 rue Alphonse Neuville, Paris
« Plus loin, on trouve un troisième hôtel, à grand pignon dentelé, comme les demeures flamandes, … » La Semaine des Constructeurs 1884

Immeuble d’ateliers 1882
57 rue Ampère, Paris
« Ce croquis vous montrera un parti franchement adopté tant en construction que dans la forme architecturale, parti déterminant bien la fonction du meneau. Un linteau formé d’une poutre en tôle à croisillons, à portées décorées de fleurons métalliques – structure apparente – ferme la baie divisée horizontalement par une allège et verticalement par un meneau. Il est clair qu’ici meneaux et allèges sont indépendants, pour ainsi dire, du gros œuvre, et pourraient, à la rigueur, être supprimés. » Revue Générale d’Architecture 1882

Hôtels Ernest Charles Léon REGNARD de CHEZEL 1882
16, 18 rue Eugène Flachat, Paris
« Les deux hôtels jumeaux reproduits ici donnent un exemple frappant des qualités qui distinguent cet éminent architecte ; on y trouve toute la saveur et tout le charme des édifices construits au Moyen Age adroitement réunis aux avantages présentés par les derniers perfectionnements de la construction moderne. » Monographies de Bâtiments Modernes 1905

Hôtels Ernest Charles Léon REGNARD de CHEZEL - 1882

LES MAISONS NORMANDES

Villa Brimbelette – GODILLOT 1882
50 boulevard Flandrin, Paris
« Élever dans un jardin, une galerie de tableaux, avec salle à manger et dépendances, les caves et rez-de- chaussée étant occupées par des services, tel est le programme imposé à l’architecte de la villa. Il s’agit donc là, comme on le voit, d’une destination qui n’exclut pas une certaine fantaisie, et M. SAUVESTRE ne s’est pas fait faute d’en user pour donner à sa construction un aspect pittoresque. » Revue Générale d’Architecture 1884

Villa Brimbelette à Passy

Hôtel POTOCKI 1885-1886
12 square de l’avenue Foch, Paris
« Un des exemples les plus caractéristiques de ce style « Renaissance Modernisée » impliqué aux hôtels particuliers » Monographies de Bâtiments Modernes 1900 « Une habitation de villégiature du même M. POTICKI, dans le Bois de Boulogne » Le Moniteur d’Architecture 1884

Ville de Monsieur Le Comte POTOCKI

Villa Albert MENIER 1885
53 boulevard Eugène – 49/51 rue Chézy – 12 rue Chaveau, Neuilly-sur-Seine
« Toujours très rationnel, quelquefois même un peu trop » La Semaine des Constructeurs 1886 « Il est facile de comprendre que l’architecte ait dû traiter toutes ces constructions en style pittoresque au milieu de cette verdure » La Construction Moderne 1886

Villa de Monsieur Albert MENIER à Neuilly

Hôtel Vve LAGACHE 1888
144 rue de Longchamp, Paris
« La façade de cet hôtel a pour principal mérite, à notre sens, d’accuser très nettement, au-dehors, l’importance relative des pièces qui composent la distribution intérieure. On y remarque deux travées d’aspect bien tranché : l’une, en avant-corps, aux larges baies décorées de pilastres, terminée par une lucarne en pierre et correspondant aux pièces principales : réception au rez-de-chaussée, chambre de maître au premier étage ; l’autre, plus étroite, plus simplement traitée, couronnée par une lucarne en bois et correspondant aux pièces secondaires : entrée, vestibule, cabinets, etc. La cuisine est en sous-sol avec sortie spéciale sur la rue. » La Semaine des Constructeurs 1892

COLLABORATION AVEC EIFFEL

Nous ne saurons vraiment jamais comment S. SAUVESTRE et G. EIFFEL se sont rencontrés, il est cependant clair qu’ils appartiennent tous les deux au même milieu. Gustave EIFFEL connaissait l’Ecole Centrale d’Architecture, en effet, Emile TRELAT était un ami proche de Charles NEPVEU qui avait été le premier employeur et protecteur du jeune G. EIFFEL. G. EIFFEL a de plus, sur avis de Charles NEPVEU, suivi des leçons qu’E. TRÉLAT donnait au « Conservatoire des Arts et Métiers ». G. EIFFEL aurait d’ailleurs fait don de sa bibliothèque personnelle à l’Ecole Centrale d’Architecture. Le Pavillon de Gaz (1878) sera la première collaboration avec G. EIFFEL, suivi de la TOUR de 300 mètres. Selon une source des frères BARRAL, S. SAUVESTRE aurait dirigé le « Bureau d’Architecture » de la Compagnie EIFFEL. Il a même participé à plusieurs « entreprises considérables » notamment la Gare de Budapest. Un bureau d’Architectes aurait été ouvert pour le projet de la Tour de 300 mètres depuis nommé Tour Eiffel. Il était composé de DELANNOY, MANDAR, MENOUILLARD, ROUILLARD, SÉNÈQUE et SAUVESTRE. Il n’était vraisemblablement que temporaire, en effet un bureau « permanent » ne semble pas utile à une société d’entrepreneurs qui réalisaient le plus clair de son temps des ponts. Il n’est pas précisé si S. SAUVESTRE ait été engagé sous contrat par la Compagnie EIFFEL ou s’il était indépendant. L’auteur pencherait plutôt pour la seconde hypothèse.

La Tour du temps de Gustave Eiffel

EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878

LE PAVILLON DU GAZ 1878
Premier travail et première réalisation industrielle de Stephen SAUVESTRE. Il utilisa une structure métallique remplie de briques colorées, cette structure fut réalisée par la Compagnie EIFFEL qui avait déjà réalisé sept usines de gaz pour la Compagnie Parisienne du Gaz. Tout comme tous les pavillons construits pour l’Exposition Universelle, celui-ci allait être démonté après l’événement pour être reconstruit dans un secteur de la CPG.
« Une ossature métallique associée à un remplissage de briques colorées, dont le rationalisme est clairement lisible, s’accommodait assez bien de fantaisies décoratives » Bertrand LEMOINE, L’Architecture de Fer, 1986

Le Pavillon du Gaz

LE PALAIS DU CHAMPS DE MARS 1878

DESSINS DE PERSPECTIVES DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE
17 d’entre eux furent vendus en 1897 pour la somme de 40 francs.

LA TOUR DE 300 MÈTRES
L’idée vient de M. KŒCHLIN, jeune collaborateur de G. EIFFEL, il entreprit avec l’aide d’Emile NOUGUIER, les premiers relevés et demanda à S. SAUVESTRE de donner à ses piliers métalliques une forme architectonique. S. SAUVESTRE y ajouta des grands arcs qui techniquement assuraient une plus grande stabilité tout en lui donnant une allure de porche d’entrée de l’exposition ou d’un arc de triomphe. Un hall couvert fut également prévu au 1er étage. G. EIFFEL ne se décida réellement qu’après avoir vu les dessins de S. SAUVESTRE, un contrat fut signé avec G. EIFFEL en 1884 ; dans lequel on mentionna que S. SAUVESTRE réaliserait l’étude définitive du projet pour sa partie « décorative », les dessins d’exécutions et la conduite des travaux. L’ensemble reste, bien entendu, chapeauté par G. EIFFEL.

S. SAUVESTRE ne sera pas payé pour l’avant-projet, il percevra cependant un honoraire de 3% de l’ensemble des travaux « décoratifs et architecturaux ». La commission spéciale décidera d’abandonner certains éléments décoratifs afin de réduire le coût de la construction éphémère. La tour sera critiquée par un grand nombre d’architectes qui ne voient que la prouesse technique au détriment de l’esthétisme. Même Emile TRELAT fera partie des détracteurs, il critiquera surtout l’emplacement peu judicieux de la tour qui gêne la vue de l’Exposition Universelle. G. EIFFEL réagira avec beaucoup de violence, défendant le travail des ingénieurs et le génie civil. Ni G. EIFFEL, ni E. TRELAT ne parleront, ni ne mentionneront S. SAUVESTRE. G. EIFFEL parce qu’il défend la cause des ingénieurs, E. TRELAT parce qu’il ne savait peut-être pas que S. SAUVESTRE aurait collaboré au projet ?…

« Messieurs NOUGUIER et KŒCHLIN demandèrent à G. EIFFEL d’aller voir le dessin chez S. SAUVESTRE. C’est ce qu’il fit, et, revenant sur la décision qu’il avait prise de ne pas s’intéresser à l’affaire, il mit son nom de constructeur sous celui de ses ingénieurs et passa avec eux un contrat, puis fit tout le nécessaire avec la persévérance qui le caractérisait pour faire adopter le projet et le réaliser. » Mémoires de la Tour EIFFEL, 1983

« …,… L’étude définitive de la partie décorative de cette construction et de l’établissement des dessins d’exécution qu’elle comporte, ainsi que de la conduite des travaux…,… Les fondations, l’ossature métallique et les pièces résistantes étudiées par M. EIFFEL, soit dans les montants, soit dans les entretoisements droits ou courbes, soit dans les salles intermédiaires, les statues formant la partie purement artistique du monument, les ascenseurs et autres engins constituant la partie mécanique ou scientifique de l’ouvrage…,…..,… Les soubassements en maçonnerie, les grands arcs reliant les quatre pieds de la tour et qui sont purement décoratifs puisqu’ils n’interviennent pas dans la résistance de la construction, les tympans de ces arcs, la décoration intérieure et extérieure des trois salles intermédiaires, la coupole qui surmonte la Tour….,…..,… Ces études seront exécutées sous la surveillance de M. SAUVESTRE mais sous la direction de M. EIFFEL. » Extrait du contrat entre S. SAUVESTRE et G. EIFFEL

« La sous-commission pense qu’il est à propos, au point de vue architectonique, de faire saillir, dans le projet d’exécution, les arbalétriers dans toute la hauteur du rez-de-chaussée, sauf à réduire l’épaisseur de l’archivolte de la voûte voisine. » Revue Technique de l’Exposition 1889

« Je crois, pour ma part que la Tour EIFFEIL aura sa beauté propre. Parce que nous sommes des ingénieurs, croit-on donc que la beauté ne nous préoccupe pas dans nos constructions et qu’en même temps que nous faisons solide et durable, nous ne nous efforçons pas de faire élégant ? Est-ce que les véritables fonctions de la force ne sont pas toujours conformes aux conditions concrètes de l’harmonie ? Le premier principe de l’esthétique architecturale est que les lignes essentielles d’un monument soient déterminées par la parfaite appropriation à sa destination…,…..,… Auxquels les théories d’art ordinaires ne sont guère applicables…,… …,… La preuve éclatante des progrès réalisés en ce siècle par l’art des ingénieurs.» G. CORDIER – Protestation des artistes 1876

« Le beau projet de tour métallique, proposé par M. EIFFEL, est bien fait pour caractériser notre époque : il sera l’apothéose de la construction métallique. » Le Génie Civil 1886

« Fort peu d’architectes qui ne soient inquiets sur le résultat artistique de cette colossale construction : un échafaudage incompatible avec une forme quelconque. Donc, voilà le but affirmé, utilitaire et de curiosité, scientifique et honorifique, et non pas architectonique comme beaucoup affecte de ne le croire. L’architecte intervient ici pour décorer, les parties de l’édifice les plus visibles. » La Semaine des Constructeurs 1886

« Loin de rencontrer des difficultés, M. EIFFEL doit être entouré d’encouragements. L’industriel, le constructeur, le savant restent ici impeccables. Combien je regrette que l’éminent Ingénieur ait quitté le terrain sur lequel le tenait victorieusement sa savante conception de constructeur. » Le Génie Civil 1887

« La beauté ne naît pas de la seule raison ou de la seule utilité ; elle exige quelque chose de plus. » Le Génie Civil 1887

« La tour est très intelligente dans sa conception : toute la partie, où elle est rationnelle, mérite d’être approuvée. Mais il y a à blâmer. Il y a à demander étude nouvelle, là où la raison disparaît, pour laisser passer le souvenir des formes de pierre. » A. HARDY, Revue Générale d’Architecture 1886

« Réclamant ma part de la paternité dans ce projet comme dans celui de la tour, où quoiqu’en dise M. HARDY, l’architecte joue, à mon avis, un rôle aussi important que l’art même de l’ingénieur » S. SAUVESTRE, La Semaine des Constructeurs 1886

S. SAUVESTRE et G. EIFFEL se présentent ensemble en 1886 pour ce concours qui devait être préparé en deux semaines avec très peu de détails, donnés si ce n’est la dimension du terrain, le nombre de mètres carrés autorisé pour chaque partie, le choix des matériaux (le métal, éventuellement recouvert). Ce projet une fois présenté, provoqua également de vives polémiques d’architectes opposés aux ingénieurs : « Projet habile mais combien laid… » disaient les uns. Il reçut néanmoins un prix de 4 000 Frs. Parmi les trois Lauréats :

LE CONCOURS POUR LA GALERIE DES MACHINES
- G. EIFFEL et S. SAUVESTRE exécutèrent la tour de 300 mètres – DUTERT fut responsable du Palais des Machines – FORMIGÉ reçu la réalisation du Palais des Beaux-Arts et du Palais des Arts Libéraux « D’un système très ingénieux et nouveau, cette disposition est remarquablement avantageuse au point de vue de l’économie du métal et son emploi présente toutes les chances d’être adopté définitivement. D’autant plus que l’aspect extérieur des fermes, qui font saillies au-dehors comme des arcs-boutants de cathédrale, vient rompre la monotonie des grandes toitures. » Le Génie Civil 1886

 

Le premier étage de la Tour Eiffel

EXPOSITION DES COLONIES
S. SAUVESTRE fut nommé Architecte en Chef des Travaux pour l’Exposition des Colonies. Il signa les plans du Palais central des colonies, bâtiment qui reçut un accueil favorable et témoignait son talent créatif. L’ensemble est indubitablement de style « exotique ». Il devait être réalisé « en fer, briques et poteries vernissées » uniquement, finalement une structure de bois s’ajouta aux autres matériaux.

« Ce sont deux hautes et larges nefs, à charpente de bois apparent, avec bas coté et galeries construites de même façons. Les fermes de bois rappellent celles des belles églises et des salles anglo-normandes, mais sans aucune autre similitude que celles qui sont fournies par les principes de structure et de décoration. » La Semaine des Constructeurs 1889

« Ses fermes apparentes sont très étudiées et d’une grande hardiesse. La chaude et vigoureuse harmonie des couleurs de la décoration intérieure et extérieure ne contribue pas peu à mettre en valeur le mode de construction. » La Semaine des Constructeurs 1889

LE PAVILLON DU NICARAGUA
Ce pavillon reçut aussi une allure « exotique » avec une influence japonaise pour les couleurs et la forme du toit. Ce pavillon fut, après l’exposition, démonté et reconstruit en dehors de Paris au Vésinet.

« Son architecture en bois très mouvementée et inspirée du cachet particulier de M. SAUVESTRE, à qui la fantaisie fait jamais défaut. Construction en bois, avec de jolies marqueteries ; la toiture est de forme originale, recouverte de tuiles-écailles couleur terre cuite et couronnée d’épis de faïence. Le tout est d’un ton chaud et d’un dessin gracieux, en bois vivement polychrome. » L’Exposition Universelle de 1889

Pavillon du Nicaragua

SES DERNIERS TRAVAUX

Suite aux critiques véhémentes suscitées par la Tour de 300 mètres, S. SAUVESTRE épuisé, fatigué et désillusionné, n’affichera plus comme par le passé une grande créativité. Ses maisons de rue sont conventionnelles, sans recherche ni fantaisie. Il recouvrira les façades pour la première fois ne laissant plus apparaître ces fameuses briques et pierres tant à la mode à Paris à cette époque. Il réalisera une Villa pour Gaston WORTH d’un style, on ne peut plus « Haussmannien ». Il est assez incroyable de penser que S. SAUVESTRE aurait changé son style en quelques années, lui qui était si créatif et inventif dans ses compositions.

SES DERNIERS TRAVAUX EN-DEHORS DE PARIS
Pas de nouveauté, il s’inspire de ses anciens travaux, son travail deviendra de plus en plus rustique.

LA FAMILLE MENIER
Émile MENIER (1826-1881) aurait rencontré le père de S. SAUVESTRE lors de réunions au sein de la rédaction de « La Réforme Économique » et « Le Lien Public » deux journaux qu’Emile MENIER a fondés et soutenus financièrement. Émile MENIER, républicain, extrême gauche au Parlement, était aussi un gros industriel. Il fit construire le fameux moulin à Noisiel, le premier bâtiment ayant une structure en fer portante et visible (Jules SAULNIER 1817-1881). Émile eut deux fils : Henri et Gaston. Henri succéda aux affaires du père alors que Gaston se lancera dans la politique. S. SAUVESTRE reconstruit la maison d’Henri MENIER à Neuilly-sur-seine ainsi que le Pavillon du Nicaragua qui fut financé par les Meniers. S. SAUVESTRE devint en 1895 à la mort d’Henri PARENT, l’architecte attitré de la maison Menier.

LA VILLA BAIE ELLIS À ANTICOSTI, CANADA
Résidence d’été de la famille, il reçut la commande en 1889, elle sera terminée en 1904 et détruite dans un incendie en 1954.

LA VILLA TOURNEBRIDE À LAMORLAYE
Elle sera le dernier projet de S. SAUVESTRE, cette villa fait partie du domaine « Bois Larris » que possédait les Meniers. C’est en quelque sorte un relais de chasse qui date de 1910-1913. Il est de style traditionnel normand.

La villa TOURNEBRIDE à LAMORLAYE - 1910

LA CATHÉDRALE ET LE PONT AU-DESSUS DE LA MARNE À NOISIEL
S. SAUVESTRE reçut une commande des Meniers pour réaliser un bâtiment qui abriterait un mélangeur cacao / sucre pour son usine de chocolat. Ce bâtiment allait se situer sur une île et devait être relié aux autres installations par un pont. S. SAUVESTRE le réalisa avec l’aide d’un ingénieur, Armand CONSIDÈRE (1841 – 1914) qui développa la technique du « béton fretté », breveté en 1905. Ce pont reste un des tout premiers exemples de la construction béton fretté.

Quant au bâtiment, S. SAUVESTRE lui donna une allure de Palais d’où son nom de cathédrale, en effet il symbolise la phase cruciale dans la fabrication du chocolat. Le bâtiment servit aussi d’espace accueil pour les visiteurs. L’ensemble de l’usine appartenant aujourd’hui à la maison Nestlé fut rénové en 1994-1995 par les architectes desa REICHEN & ROBERT.

La cathédrale à Noisiel

CONCLUSION

Pour l’auteur, ce travail n’est qu’une ébauche qui nécessite d’être approfondie. Il a néanmoins permis à l’auteur d’être éclairé sur l’intéressante mais mal connue période 1870- 1890, période précurseur de l’Art- Nouveau. Alors qu’à l’étranger, les styles architecturaux, comme le style « Queen Anne », « Arts & Crafts » en Angleterre, « Chicago style » aux Etats-Unis, sont largement diffusés et illustrés, alors qu’en France les développements parallèles restent dans l’ombre. S. SAUVESTRE apporte par son travail une réponse personnelle à la situation de la société de son époque et aux idées de deux grands théoriciens : E. VIOLLET- LE-DUC et C. DALY. Libéral progressiste d’éducation et de formation, il n’oubliera pas d’introduire l’aspect social dans son architecture. Ses réalisations, habitations, correspondent aux nouvelles aspirations d’une bourgeoisie nouvelle qui veut se défaire des conventions traditionnelles, en quête d’une identité nouvelle. Différents styles architecturaux vont pouvoir répondre à ce renouveau idéologique : le Style National, le Style Henri IV, le Style Néo-Gothique, le Style Normand et le Style Exotique. S. SAUVESTRE cultivera cet eccléctisme très varié, persuadé qu’il constituait un passage obligé pour le développement de l’Art- Nouveau, terme qui apparaît déjà avec C. DALY dans les années 1880. S. SAUVESTRE va aussi explorer toutes les possibilités d’utilisation de nouveaux matériaux comme les briques industrielles, la faïence, la terre cuite, le métal courbé et le fer dans une recherche de créer des formes nouvelles. Il tente d’utiliser les propriétés physiques des matériaux dans un but stylistique. Ses recherches de formes nouvelles sont également visibles dans ses compositions très libres de ses façades. Pour ses villas, il jouera plus sur les volumes. S. SAUVESTRE laissera les matériaux utilisés visibles. Son style est à peine lié aux exigences de la construction, chaque habitation doit avoir son caractère propre, adapté aux besoins de l’habitant. Il accordera une attention toute particulière au confort, il sera attentif à assurer, à intégrer un confort moderne à l’espace d’habitation en prévoyant W.C., salle de bain et chauffage central. Enfin, dans le milieu des ingénieurs, il tient une place non négligeable, puisqu’on lui doit les arcs entre les piliers de la tour de 300 mètres, anticipation de l’Art Nouveau auquel essor, il aura contribué. Pour la cathédrale à Noisiel, il participera aux aspirations d’une dynastie industrielle inspirée par SAINT-SIMON, croyant au progrès industriel et à son effet social et démocratique.

Exposition organisée à l’Ecole Spéciale d’Architecture en décembre 2006, avec le soutien et la participation de :

Richards Edwards, Président de l’ESA ; Gilbert Galieni, Président de la SADESA ; Alain Pélissier, Directeur de l’ESA ; Anne Chaise, Bibliothéraire-documentaliste de l’ESA ; Guy Vacheret, Plasticien ; Les membres du BDELes membres de la SADESAIhab Kalaoun, Responsable ES@éditions ; Guy Samoun, Architecte DESA ; Greet Paulissen, Pour sa thèse sur Stephen Sauvestre ; Franck Fauvet, Architecte DESA ; Grégoire d’Amiens, Responsable du Laboratoire Audio-Visuel.

Les contributions photographiques de Cedric THUAL (DESA 2000) au groupe de la SADESA sur Flickr.

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Retrouvez la galerie photos de Cedric THUAL sur Flickr.

 

1991
En ville les tendances s’affrontent.
Exclusion
Les partisans de l’architecture béton s’opposent à ceux de l’architecture verre-acier. Les uns évoquent les valeurs de l’inertie, la masse, les autres celles de la légèreté, la transparence voire l’immatérialité. Si le débat est aigu, il n’est pas nouveau. L’histoire de l’architecture peut s’écrire comme l’histoire de cet affrontement. Seuls, certains acteurs changent, hier chroniqueurs, aujourd’hui hommes des médias. Même les fabricants de matériaux et leurs syndicats professionnels entrent dans la danse avec les moyens qui sont les leurs, stratégies énormes et communicantes.
Dans les écoles, et c’est là leurs spécificités, ces mêmes tendances cohabitent.
Inclusion
Ici la qualité se mesure à la vitalité des débats contradictoires, à la mise à l’épreuve des capacités de résistance aux logiques partielles.
L’autonomie des étudiants au centre du dispositif.
A l’Ecole Spéciale, pour l’année universitaire 1991-1992, nous avons le plaisir d’enrichir la composition du collège enseignant de nombreuses personnalités dont les divers domaines de compétences illustrent le caractère contradictoire des enseignements: Yves MALIER (ouvrages en béton), Groupe ARCORA (constructions métalliques), Bernard PICTET / Arnault DEBUSSIÈRE (produits verriers), Jean-Pierre BONTOUX (éclairage artificiel), Sophie BRINDEL-BETH (domotique), Marianne BRAUSCH (théories/histoires), Michaël DARIN (théories/histoires), Gilles BOUCHEZ (transformations urbaines), Jean-Jacques DUTRAIT (architecture des lieux de spectacle), Philippe DUBOIS (communication du projet), Pascale BLIN (architecture et communication), Jacques POCHOY (architecture et informatique). Sans oublier les 8 visitings professsors dans les ateliers d’architecture: Benoit CARRIÉ, Jean-Michel BRINON, Jean-Loup MARTIN, Jacques AUDREN, Pham Anh DUNG, AVANT-TRAVAUX, Bernard ARNOULD, Martin ROBAIN.
Et les nombreux conférenciers des « entretiens de l’ESA ».
Etudiants, à vous de jouer !…

Marc VAYE
Directeur des études

Le collège des enseignants 91/92

D’un bulletin, l’autre…

Pendant cinq ans, au tournant des années 80, l’ESA avait son journal: le BIP.
Rien à voir avec les Spoutniks. Non, le BIP n’était pas un simple signal, ni l’onde électrique d’un vulgaire télex, mais un Bulletin d’Information Pédagogique.
J’avais donc tout naturellement pensé à son rédacteur en chef, à son principal artisan, je veux parler de Guy VACHERET, pour écrire l’en-tête de ce premier numéro d’EDITION SPÉCIALE.
Et j’imaginais qu’il aurait pu nous donner quelques bons conseils, nous faciliter un démarrage sans douleur, nous éviter quelques écueils…
Mais, nous avons sans doute trop tardé et au moment de passer le relais, Guy VACHERET qui courait tout seul et sans souci depuis déjà longtemps n’est pas parvenu à remettre la main sur ce « satané » bâton de relais.
Je veux parler de son stylo !
J’ai donc décidé de fui en offrir un autre, tout neuf !
Peut-être alors, pourrons-nous retrouver sa plume et son style… alerte ?

Michel DENÈS
Directeur de l’ESA

PUBLICATIONS

  • À lire et relire deux livres de Paul VIRILIO : « Bunker Archéologie », qui vient d’être réédité aux Editions du Demi-Cercle,
    Paris – 1991.
    L’Ecran du désert: Chroniques d’une guerre, vient de paraître aux Editions Galilée,
    Paris – 1991.
  • 14, c’est la carte des promenades architecturales autour de l’ESA, dans le XIVème arrondissement de Paris.

EXPOSITION

  • L’espace architectonique de Dom Hans van der Lean, meubles et maquettes de l’architecte néerlandais.
    Du 14 novembre au 13 décembre 1991 à l’ESA, 254 boulevard Raspail. tlj sauf samedi et dimanche, de 13 à 19 heures,
    Conférence de Richard Padovan, le 13 novembre 1991 à 14 heures.

DOM HANS VAN DER LAAN

L’ESPACE ARCHITECTONIQUE:

En hommage à Dom Van Der Laan, l’ESA est heureuse d’être associée à l’Institut Néerlandais et l’Abbaye de Vaals pour la présentation de son œuvre.
C’est grâce à ses étudiants que l’ESA a le privilège d’accueillir cette exposition. Au début des années 70, un groupe d’élèves (Catherine BRIMBAL, DESA 75 -Claire COURET, DESA 79 – Régis FAGUELIN – François LAVARENNE, DESA 79 - Domitille RÉNAUD-NICOLESCU, DESA 75) rendait visite à l’architecte néerlandais pour suivre son enseignement. À partir des premières notes de cette époque, fut rédigé l’ouvrage « L’espace Architectonique ».

« Que nous apporte le livre en question ? C’est, en un exposé magistral, une véritable poétique philosophique de l’art de bâtir; Philosophique en ce sens que l’auteur nous fait découvrir l’essence même de l’architecture; et cela, suivant une méthode phénoménologique et génétique, qui se déploie à partir de la présence de l’homme au sein de l’univers, l’homme qui agit, perçoit par les sens et est doué d’intelligence. Une poétique du fait que cette phénoménologie a pour centre l’homme qui construit et ordonne sa demeure. Ce qui n’exclut d’ailleurs pas que nous y trouvons en même temps de précieuses indications sur tout ce qu’éprouve et découvre l’homme qui habite.” -extrait de l’avant-propos-

ESPACE, FORME, GRANDEUR
L’espace architectonique, il faut le considérer comme venant s’ajouter à l’espace naturel de façon à lever l’incompatibilité qui existe entre celui-ci et notre espace d’expérience. De manière analogue, le conflit entre le sol trop dur et le pied fragile se voit résolu à l’aide de sandales qui s’attachent aux pieds. Ces sandales, tout comme nos vêtements en général, servent de complément à notre corps, tandis que, à l’inverse, la maison parachève l’espace naturel.
Cet enrichissement de l’espace naturel par l’espace architectonique fait naître une « modalité spatiale naturelle » qui est à même de s’harmoniser avec la « modalité spatiale de notre expérience ». Car ces deux modalités spatiales peuvent être accordées entre elles de telle sorte qu’elles se complètent parfaitement au p. lt de ne former qu’un seul tout. C’est de cette façon que notre espace d’expérience se voit intégré dans l’espace naturel.

Ce qui leur vaut de pouvoir s’accorder ainsi, c’est que, de part et d’autre, il s’agit pareillement d’une portion limitée d’espace, située à l’intérieur de l’espace illimité de la nature, qui se déploie tout autour de nous par-dessus la surface terrestre. Toutefois, la façon dont s’opère la limitation de cette portion d’espace est totalement différente dans l’un ou l’autre cas.
L’espace architectonique emprunte ses limites au massif du mur qui le circonscrit du dehors, tandis que l’espace que nous expérimentons tout autour de nous et que nous rapportons à nous-mêmes acquiert ses limites de par l’activité de nos facultés diverses qui les déterminent du dedans.
Puisqu’aussi bien sa délimitation est dûe à une enveloppe externe faite de massifs, de murs, l’espace architectonique se présente donc comme un « espace à coquille », tandis que l’espace d’expérience, étant donné que sa limitation s’opère de par notre présence, donc à partir du centre, apparaît à l’opposé du précédent, comme un « espace à noyau ».
in « L’espace architectonique » par Dom H. Van Der LAAN chez E.J. Brill. Leiden -1989

Il faut remercier Willem JOHANNESMA, oblat de l’Abbaye de Vaals, qui a été l’infatigable artisan de cette exposition.

MEILLEURS DIPLÔMES

  • Le 26 Juin 1991, un jury sous l’autorité de Jean-Pierre QUÉRÉ, Président de l’École Spéciale d’Architecture, composé de Jean-Marie CHARPENTIER, Président de l’Ordre régional de l’lle de France, de Jacques TOURNANT, Président de la SADESA et des architectes visiting professors Jacques AUDREN, Frédéric BOREL, Benoît CARRIÉ, Borie HUIDROBORO, Pierre PRUNET et Jacques SAUTEREAU, a nommé lauréats:

1er Prix:
Ariane PARVIZ & Monika SIGALIN
« Bornes pour errants provisoires »

2ème Prix:
Jean BAUBION
“Franciscopolis, reconquête du site portuaire »

Mentionnés:
Lionel LEMIRE
« Bel Ordinaire »
Mathieu LIDOLFF
« Le cinéma dans la ville »
Négine MABOUDI
« Bibliothèque – Route de la soie »
Sharon ROTBARD
« Discours à habiter »
lorgo STAMATELOS
« Un centre de style automobile, ou lieux secrets pour objets vivants »

EN VUE

  • Europan 1991.
    La seconde session d’Europan, jugée en mai et juin derniers, par les jury des 11 pays organisateurs, avait pour thème: ‘Habiter la ville / re-qualifier les sites urbains ».
    Florent LEONARDT, diplômé de l’ESA depuis 1984, a été proclamé lauréat d’Europan 2. Son étude portait sur la restructuration d’un quartier ancien à Vizille, dans lisère prés de Grenoble. 42 autres projets ont été primés, et 45 mentionnés, sur 1422. Une exposition des projets, aura lieu à Madrid à la fin de l’année.

  • Concours Acier
    La société des Forges d’Haironville, à l’instar de l’OTUA naguère, a crée depuis l’année dernière, sous le parrainage de l’Ordre des Architectes, une compétition entre étudiants des écoles sur le thème de « l’acier dans l’architecture ». La première phase de ce concours, exposée à la Maison de l’architecture, a permis de sélectionner 3 projets dont celui de Jean-Louis MAYER, étudiant diplômable à l’ESA. Le résultat final sera proclamé à Batimat.

DISPARITION

  • À la fin du mois de juillet, Eric MOAL nous quittait, à l’âge de 37 ans. Architecte, il enseignait, depuis deux ans à l’ESA et il coordonnait l’action du laboratoire informatique au sein du Conseil Scientifique. Sa patiente pédagogie, sa fougue, ses prises de positions vives et tranchées, sa disponibilité, vont manquer à ses étudiants et à nous tous. L’ESA s’associe à la douleur de tous ceux qui restent bouleversés par sa disparition.

LES VISITING 91/92

Jacques AUDREN
Après son diplôme d’architecte, il complète ses études universitaires par une formation en urbanisme. Attiré par la recherche, il est le lauréat du PAN XI, sur la restructuration de la friche urbaine de Saint-Leu-La-Forêt. Dans le même temps il participe à de multiples études urbaines qui aboutissent à la réalisation de logements sociaux. Il réalise le centre de formation pour jeunes aveugles à Paris XIV°.
Atelier de 3ème année.

AVANT TRAVAUX
Réunissant plusieurs jeunes DESA (Phillipe BONNEVILLE, Laurent GARDET, Laurent GERBEAUD, Yves LAMBLIN, Philippe LANKRY, Florence MARTIN, Jacqueline MIETTINÉN, Luce RUSPANTINI), le groupe s’est fait remarqué dans le concours du Triangle de la Folie, où il fût classé second. En 1990, il reçoivent le prix de la première œuvre pour l’unité de soins palliatifs de l’Hôpital Paul Brousse à Villejuif.
Atelier de 4ème année, au 1er semestre.

Gilles BOUCHEZ
Fraîchement diplômé, il collabore avec Érnô GOLFINGER à la réalisation de logements sociaux, à Londres. Associé à Didier MORAX, il aménage quelques lieux parisiens (Palace, Librairie autrement dit, IFA). Lauréat pour l’Ambassade de France à Khartoum, il construit le Centre de Congrès de Belfort et l’extension du Conseil Économique et Social, Place d’Iéna.
Atelier de 4°• année,
avec Michaël DARIN et François GRETHER

Benoît CARRIÉ
Enseignant à Paris-Conflans. Après quelques années passées en agence à la réalisation de stations de sports d’hiver en Savoie. Il reprend son association avec Thierry ROZÉ pour construire aussi bien des groupes de logements HLM, des bâtiments industriels et commerciaux, que des équipements publics, et participe régulièrement à des concours où ses projets sont souvent mentionnés.
Collectif 1ère année.

Martin ROBAIN/Archltecture Studio Il est associé-fondateur d’un groupe qu’on ne présente plus. Lauréat en association avec Jean NOUVEL, Joël SORIA et Gilbert LÉZÉNS, du concours pour la construction de l’IMA à Paris, Architecture Studio compte parmi ses nombreuses réalisations des programmes variés tels le lycée du futur à Poitiers, l’Ambassade de France dans le Sultanat d’Oman, et l’Université de la Citadelle, à Dunkerque.
Atelier de 4ème année.

EN VUE

  • Architecture-Matériaux-Enseignement Sous la houlette d’Yves AUBOIRON, ce séminaire, rassemblant des syndicats de fabricants, a organisé un concours, doté de prix, qui récompense les meilleurs projets de synthèse technique de 3ème année qui intègrent la dimension industrielle à leur projet.
    Ont été nommés lauréats:

1989/1990 1er prix: Michel CLUZEL

1990/1991 1er prix: Édouard GRAS
2ème prix: Anne-Sophie AVEZOU Abdelall BENNANI
Mentionnés: Alexandra MARIETHOZ Corinne FRANCK Carole BANDOLO Kollin BEN GHANEM

  • Visiting
    dernière minute: Jean-Loup MARTIN, enseignera en 2ème année du 1″‘ cycle. D’autres visiting protessors, pour le 2ème semestre sont annoncés:
    Bernard ARNOULD, Jean-Michel BRINON, et Rharn Anh DUNG dont nous reparlerons dans une prochaine édition.

ADMISSIONS

  • Après les sessions de l’examen d’entrée, les élèves suivants ont été admis en 1ère année de l’ESA, sous le nom de « Promotion Henri LEFEBVRE« 
  • session de juin 1991
    LAMBERT Guillaume, VENCE Mathilde, RAUDIN Emmanuel, BERTRAND Eric, LASSEUN Caroline, LE LUYER Laurent, PALLIER Gérard, BYHAM Maya, FEUX Thomas, NOIR Philippe, BURIEZ Yukio, LABEYRIE Laurent, CHENEAU Ambroise, BEAUVAIS Louis-Marie, ROSSIGNOL Olivier, SANTONI-COSTANTINI Olivier, PAQUIS Lise, DUCROCO Jean-Vincent, LE DUFF Gwenaëlle, GAGNIERE Françoise, LAURENT Franck, LUHRS Anna, DESORMEAUX Pauline, MOREAU Alexandre, DAVID Dominique, DUPONT de DINECHIN Aurore, MONTES Béatrice, KARVOUTZ1S louais, CHAVOIX Eric, ROUSSEL Guillaume, LEROY Xavier, AURORE Jean-Paul, BELUTY Maggie, DEGRE Mickaël, BELKHALFI Taoufik, GORBAN Olga.
  • session de juillet 1991
    BREAU Mathieu, LAUZON Virginie, BERNARD Pascal, VIRONDAUD Bonen, RIOU Céline, DOLENT Eric, PAQUIER David, HOLTROP Alexandre, de QUELEN Mea’, ASLANIDIS Nikolas, SAUVEPLANE Alexandra, KIRSCH Thecla, LE BLANC Virginie, de FERRIER Rachel, BALLET Franck, LISIMACCHIO Laurent, VALLA Yohan, ROUX Stéphanie, HADDAD Yacine, VIGUIER Marie-Ange, VARADE François-Xavier, WALLET Marc, LEDIEU Delphine, ABDELMOULA 011a, GUIDETTI Nicolas, KNAPIK Claude, GOZLAN Philippe, SPECK Thierry, LEVASSEUR Pascal.
  • session de septembre 1991
    ESCHAPASSE Christophe, PENEL Jérôme, ETIENBLED Anne-Julie, EGLOFF Valérie, JOUENNE François, ZOETE Sandra, NIDDAM Noémie, KHAWATMI Asma, PEPILLO Jean-François, KAPLAN Sandra, MAUNOURY Thibault, CHAGNY Maïti, O’REILLY Juliette, CREPEAU Vincent, BOUZA Hélène, BORDIER Valérie, NIEMANN Maja, OMBREDANNE Stanislas, KERLAN Pierre, GONNER-RAYSSE Ulrick, DAVID Rachel, GIGNOUX Charles, FOURNIER Dominique, FOLL Roland, BOUCHAMA Malik. HENRY Ferdinand, MEYER Agnès, GIROUD Flavien, BONN Stéphane, ZURINI Alexandra, BADELLON Emmanuelle, KHANNOUS Ahmed, KALIFE Joselyne, PERRET Xavier, CARETTE Olivier, JOSIEN Agnès, BACHIRI Mohamed. PERCEVAL-RIBATTO Anne-Christine, ARANA Orlando, HWANG Shin Won.

LA SEMAINE DE L’ARCHITECTURE

LE PAVILLON

Si dans ses fondements originels, l’Architecture évoque la notion de l’abri, elle évoque aussi avec la même vacuité les termes de la communication entre les hommes. Des volumes blancs et lisses émergent sur le parvis de la place de la Sorbonne, à Paris. Carrefour vivant, lieu de rencontre et d’échange, l’architecture y constitue l’enveloppe construite, physique et spirituelle dans laquelle se déroulent des scènes de la vie quotidienne.
Coupe sur une tranche de vie, pour figer l’instant dans la durée, durée dans laquelle l’architecture, en prise directe avec le réel, est le révélateur et le cadre de tous nos actes. Au delà de l’expression ou de la forme, de la mémoire ou du savoir, de le recherche ou de la technique, l’architecture contient son sens dans les rapports qu’elle entretient entre les hommes.
Ce pavillon donne une vision – miroir d’un vécu quotidien de l’espace, au même titre que la télévision fournit à travers son cadre l’image dans laquelle le spectateur se projette.
Cette fiction du réel est amorcée par la présence de bâtiments objets, personnages pétrifiés, satellites en avant-poste, dénier& lesquels se profile à l’identique, par homothétie dans l’espace et dans le temps, le même bâtiment-objet. Dan le champ de ce jeu visuel, seule l’échelle de l’homme qualifie l’ensemble et renvoie à la conquête, ou, peut-être, au désir d’habiter.
Cet ouvrage éphémère qui manifeste l’irréductibilité de l’espace n’est qu’un fragment de l’architecture qui nous entoure et borde chacun de nos pas.

Frédéric BOREL

Dans le cadre de la semaine de l’architecture et de la fureur de lire, l’ESA organise une foire aux livres d’architecture. L’Ecole Spéciale d’Architecture est aujourd’hui la plus ancienne des écoles françaises d’architecture. Pour la « première » de cette foire, elle accueillera les éditeurs, les revues, les distributeurs de livres hors-circuit et les libraires d’ancien intéressés à la mise en place de cette manifestation qui se déroule à Paris, où sont rassemblées plus de dix écoles d’architecture, de paysages, d’art des jardins, d’urbanisme et les plus grandes écoles d’art, et, enfin, où exerce une part notable d’une profession. particulièrement centralisée. Au cours de la manifestation, un débat sur l’édition d’architecture devrait réunir des écrivains, des critiques, des directeurs de collection et des éditeurs.

La foire aux livres d’architecture se déroulera les 18, 19 et 20 octobre 1991 -nocturne le 18 – dans le grand hall de l’école.
ESA. 254, boulevard Raspail à PARIS XIVème – Métro Raspail
Contacter à !’ESA : Suzie PERTOIS, tel. (1) 40.47.40.47 & fax. (1)43.22.81.16

SADESA

La Société des Architectes Diplômés de l’École Spéciale d’Architecture, en la personne de son Président, Jacques TOURNANT, est particulièrement satisfaite d’avoir joint ses efforts et ses moyens, à ceux de l’ESA, pour cette publication destinée aux étudiants et aux diplômés, pour les informer de ce qui se passe d’essentiel dans leur école et dans la vie professionnelle des DESA. Les offres d’emploi qui nous parviennent seront également publiées.

  • L’assemblée générale de ta SADESA a eu lieu le mardi 25 Juin 1991 à 17heures et s’est prolongée, tard dans la soirée, par un buffet, au son de la fanfare de l’ESA, reconstituée à cette occasion. Nous étions les invités de l’Ecole Spéciale, au 8ème étage du nouveau bâtiment que la plupart des anciens découvraient.
    Après le rapport moral du Président, Jacques TOURNANT, la présentation des comptes de l’association par le Trésorier, Jean GOULLETQUER, leur approbation par l’assemblée réunie, et l’évocation par le Directeur de l’ESA, Michel DENÈS, de l’évolution de notre école dans le contexte français et européen, l’assemblée a procédé au renouvellement des membres du conseil d’administration de la SADESA.
    sont élus:
    Adrien BOROS (DESA 75), François CAEN (DESA 40), Pierre CHARBONNIER (DESA 89), Dominique CHAVOIX (DESA 67), Gilbert GALLIENI (DESA 74), Rita GEMAYEL (DESA 87), Daniel GINAT (DESA 64), Pierre GIUDICELLI (DESA 63), Marlène GIUDICELLI (DESA 88), Jean GOULLETQUER (DESA 49), Phillipe JACQUET (DESA 89), Alexandre JELEFF (DESA 67), Claude LEMAIRE (DESA 74), Guy SAMOUN (DESA 79), Jacques TOURNANT (DESA 32).

Une prochaine réunion du nouveau conseil d’administration permettra d’élire le nouveau bureau, ainsi que le Président de la SADESA.

ANNONCE

  • La société de recrutement Tekniconseil, recherche, pour un de ses clients spécialisé dans l’aménagement et la construction, un chargé d’opérations, responsable du montage de divers projets jusqu’à la réception des travaux, en relation avec les élus, les administrations et la maîtrise d’œuvre. Renseignements et candidatures: Tekniconseil, 12, rue Colbert. BP 16-30. 80016 – Amiens cedex.. Tel: 22.54.62.22 & fax: 22.54.62.23,

ÉDITION
SPÉCIALE

bulletin d’information de !École Spéciale d’Architecture
254, boulevard Raspail . 75014 – Pans.
Tel: (1) 40.47.40.47 & Fax: 11) 43.22.81.16

Directeur de la publication: Jean-Pierre QUÉRÉ
Rédacteur en chef: Guy SAMOUN
Secrétaire de Rédaction: Suzie PERTOIS
Ont également participé à ce numéro :
Michel DENÈS, Marc VAYE, Jacques TOURNANT et le laboratoire informatique, le Laboratoire photographique et l’atelier de reprographie de l’ESA.

Les dons photographiques de Jacques POCHOY (architecte DPLG, enseignant à l’Ecole Spéciale d’Architecture) à la SADESA

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